On voudrait susciter l’indignation et la réprobation générale que l’on ne s’y prendrait pas autrement,
Notre Garde des sceaux Rachida Dati a présenté mercredi 5 novembre 2008 un nouveau projet de loi concernant les criminels dangereux dont
l’ambition affichée est de permettre de garder certains criminels en "rétention" s'ils ne respectent pas leurs obligations de surveillance (…)
On reste dubitatif quand on sait que ce texte fait suite à un autre texte adopté en février et qui prévoit que certains criminels condamnés à
des peines de plus de 15 ans de réclusion puissent, après avoir purgé leur peine, être placés en "rétention", sorte de "prison après la prison" pour une période d'un an renouvelable indéfiniment,
sur décision de justice, après avis d'un collège d'experts sur leur dangerosité.
Une sorte de relégation judiciaire de sinistre mémoire, ressuscitée sans communication et aucune
concertation bien que la ministre ait assuré qu'aucune date n'était retenue pour l'examen en conseil des ministres.
L'Union syndicale des magistrats et le Syndicat de la magistrature estiment que « Cette manière
d'opérer particulièrement inacceptable, et en contradiction avec les engagements pris par le garde des Sceaux, manifeste un véritable refus de tout dialogue constructif (...) Ce manquement à la
parole donnée pose la question de la poursuite de relations institutionnelles avec la ministre »
Il est certain que le texte présenté viole un principe fondamental du droit, selon lequel on ne peut être détenu que pour les faits qu'on a
commis et non pour ceux qu'on risquerait par hypothèse de commettre. En analysant le contenu on n’est pas plus surpris de voir triompher les délirantes théories de Lombroso !
Lombroso avait au congrès de Rome en 1885 exposé ses travaux pour le moins « fumants » sur l’étude de milliers de crânes de criminels
et avait déduit que la criminalité est innée et peut se déduire des caractéristiques physiques. Le concept du « criminel né » était …. né
et a contribué à fait rire toutes les classes de criminologie dans les facultés de droit où l’on a peut d’occasion de rire vraiment.
Là où on ne rit plus, c’est en constatant non seulement l’éclatement de la raison sur avènement de théories délirantes mais aussi que ce texte
scélérat a été voté sur fond de surpopulation des prisons véritables pourrissoirs et honte impardonnable de la République où près de 64.000 détenus s’entassent pour 50.000 places, où suicides et
crimes se multiplient déjà depuis de nombreuses années avant que ce phénomène se découvre enfin !
C’est toute notre société qui souffre, toute accablée de textes imbéciles, inapplicables, inutiles, et où d'autres mesures vitales dont la loi
pénitentiaire qui fait défaut est superbement ignorée.