Vendredi 12 septembre 2008
Il
est des paradoxes qui surprennent le modeste avocat que je suis, quand notre ministre de la justice expose sa vision qu’elle a sur la gestion des prisons françaises. L’affaire était pourtant bien
partie, jugez vous-même : une ordonnance qui « préconise » la cellule individuelle pour les détenus, mais hélas inapplicable dans nos prisons surpeuplées.
Tout le monde sourit à cette innocence de l’esprit, mais voila qu’un drame survient
« à nouveau » à la prison « bonne nouvelle » de Rouen, il y a deux ans déjà, un fou
avait boulotté un bout du poumon de son co-détenu après lui avoir ouvert le thorax en pensant dévorer son cœur.
Même cause même effet, même psychiatre, même prison, même direction et mêmes conneries, un autre fou
qui avait découpé l’un de ses amis en rondelle est déclaré non dangereux par le psychiatre de la prison, mais comme il a une tendance suicidaire il se retrouve derechef dans la cellule d’un type
qui était là pour avoir bu un coup de trop au volant et qui malheureusement pour lui se fait égorger par notre dingo !
Gros malaise, d’autant que la jeune épouse de feu notre détenu, pleure toutes les larmes de son
corps devant l’entrée des parloirs mais surtout devant les caméras de télévision.
Arrive donc la ministre qui déclare sans s’émouvoir que « les détenus ont le choix de leurs codétenus et que l’on ne peut pas leur imposer un », c’est bien connu, enfin c’est le ministre qui le dit et
personne ne tousse !
Tout cela bouleverse la confiance que j’ai dans le libre arbitre, le véhicule de la pensée unique
est en route avec pour tout carburant le « courage » de croire ce que Rachida dit !
Tout à mon indignation, je me replonge dans un article de Virginie JOURDAN du monde diplomatique
Moins cher que l’hôpital, la prison ! et aussi dans la thèse en droit médical de mon
excellent ami Philippe THOMAS sur le sujet, le mal y est bien diagnostiqué !
Tout le problème demeure dans l’absence chronique de moyens, les
bâtiments et les nouvelles places prévues accusent un sérieux retard. Tout manque ! Personnel, encadrement, surveillants, travailleurs sociaux.
De nouvelles structures médicales mieux adaptées, du personnel soignant, des médecins, des psychologues !
La réponse des pouvoirs publics est l’élaboration de textes sans un
dispositif de moyens, qui abouti sur une répression quasi-automatique. Le système actuel choisit de punir plutôt que de soigner. La technique est digne du grand renfermement, elle fait entasser
les malades, les fous et autres insensés, les criminels endurcis et petits délinquants primaires dans les mêmes bâtiments, dans les mêmes cellules…. (Le traitement des malades en détention, Ph THOMAS 2006)
Alors, qu’est ce que fait, on continue ?