La récente « extradition » des pécheurs
pirates somaliens remis aux autorités françaises répondrait-elle à une nouvelle politique Bling Bling ?
Beaucoup de questions se posent face à des bizarreries de procédure qui éveille l’esprit du
pénaliste que je suis !
Premier constat, la poudre que l’on jette aux yeux de nos concitoyens justiciables à la recherche
d’un monde toujours meilleur restera forcément dérisoire face à nos droits qui s’éloignent toujours plus loin de nous dans le nuage de fumée qui masque une triste réalité.
En conscience nous serons tous d’accord, les actes de piraterie sont bien sur répréhensibles, mais
faut-il violer pour autant les droits internationaux ?
Dans l’arrestation des somaliens on peut légitimement s’interroger sur les personnes qui ont arrêtés
sans aucun titre et qui plus est « en territoire étranger » d’autant que les conditions de droit sur une rétention de cinq jours sur un ou plusieurs navires battant pavillon français
ressemble par trop à une garde à vue sans droit ni titre.
Le parquet de Paris estime que les conditions légales sont remplies sans pour autant répondre aux
exceptions qui piétinent assez sauvagement la procédure pénale.
Il est assez habile de prendre l’opinion publique en otage autour d’un fait savamment médiatisé qui
nous révolte tous, mais cela laisse la porte ouverte à tous les excès y compris ceux qui se passeront dans notre propre pays et avec nos concitoyens.
Cette espèce de politique spectacle est à tout le moins nauséabonde car elle modifie en profondeur
la portée des droits qui garantissent in fine nos libertés sans que l’on se rende compte de quoi que ce soit.
C’est dans ce genre de dérapages que l’écart qui sépare l’état de droit de l’état scélérat se
minimise et c’est ainsi et avec ces méthodes que de sinistre mémoire le gouvernement de Vichy a pu prospéré, par la démission d’un peuple abusé !
Il faut s’en rappeler et ne jamais l’oublier en dénonçant tous les manquements aux règles de droit
qui affecteront nos libertés.
Je sais qu’une fois de plus je prêche dans le désert, parce que personne n’a cure de nos pirates
somaliens, mais je vois un peu plus loin et j’ai choisi, entre le droit et la force, le droit seul nous protége de nos ennemis.